Origines et originalités des noms de familles

Les noms de familles, souvent patronymes (nom du père) exercent une influence notable sur notre vie.

D'où viennent-ils ? Comment ont-ils été formés ?

Quelles sont les raisons de leur formation ?

Depuis quand existent-ils ?

 

Tant de question que nous nous sommes tous posées à un moment ou à un autre et auxquelles nous n'avons pas toujours eu de réponses.

 

Nous vous dévoilons ici les secrets de leurs origines.

Les noms de famille Français ont des origines diverses qui s'expliquent par la diversité des influences qu'a subi la France : influence romaine, musulmane et méditerranéenne, normande et anglo-saxonne, israélite, huguenote, allemande, etc.

 

Jusqu'au XI ème siècle, les personnes ne portaient qu'un nom de baptême. Les noms de famille sont apparus au cours du XII ème siècle, suite à la forte croissance démographique qui a obligé les populations à donner des surnoms aux individus afin de les différencier.

 

Ils ont été formés à partir de prénoms de baptême, de professions, de sobriquets et surnoms liés à l'apparence physique ou aux traits de caractère, ainsi qu'à partir de lieux géographique, ou encore du rang social. Ainsi, à cette époque chaque habitant de chaque village se retrouve avec un nom (que l'on appellera ensuite prénom) et un surnom (qui deviendra le nom de famille).


Les noms issus de prénoms

L'idée répandue selon laquelle, ceux qui portent un prénom comme nom de famille seraient issus d'un enfant trouvé peut être trompeuse. En effet, elle date seulement du XXème siècle où la législation attribue aux enfants trouvés 3 prénoms, le troisième servant de nom de famille.

Avant cela, le nom donné aux orphelins était totalement libre. On retrouve donc des "Trouvés", "Perdu", "Lenfant", etc. Souvent l'imagination de l'officier d'état-civil était mise à contribution ; il est fait état d'un officier donnant un nom commençant par A à tous les enfants trouvés en Janvier, par B en février, etc.

 

Ceux ayant pour origine un prénom sont les plus courant, on estime que 40% des français ont un nom issu d'un prénom.

 

En effet, pour différencier un enfant d'un autre on utilisait le prénom du père le plus souvent, on le nommera donc patronyme (nom du père en grec), et matronyme (nom de la mère) s'il est issu de la mère, beaucoup plus rare sauf dans quelques régions, le Calvados notamment.

 

On trouvait donc Martin fils de Jacques ou Martin fils de Pierre, Martin fils de Michel, etc.

 

On retrouve  parmi les noms de famille, des prénoms encore portés de nos jours :

  • Alexandre (du grec "celui qui repousse l'ennemi")
  • Renaud (du germanique "celui dont l'intelligence gouverne")
  • Richard (du germanique "le chef hardi")
  • etc.

Et d'autres noms de baptême désormais plus rares :

  • Garnier (du germanique "le guerrier défenseur")
  • Béranger (du germanique "l'ours armé d'une lance")
  • Landry (du germanique "les chef du pays")
  • etc.

Prénoms auxquels viennent s'ajouter, au fil du temps, des suffixes qui, accolés à un nom très répandu, donneront d'innombrables variantes. On les nommes "Hypocoristiques".

Martin fils de Martin, s'appellera peut-être Martinet, Martineau, Martinel, Thomassin et Thomasson sont des hypocoristiques des Thomas.

 

Enfin, il peut arriver que l'orthographe des noms de baptême soit renversé pour servir de patronyme : Lerigab (Gabriel), Luap (Paul), etc.


Les noms issus de métiers

Un autre moyen bien utile, c'est de donner à quelques-uns d'entre eux le nom de leur métier. Pour cela, il faut évidemment que celui-ci soit assez rare dans le village, autrement cela ne servirait pas à grand chose. D'où le succès du forgeron : il y en avait un par village et rarement plus, ce qui explique que tant de personnes s'appellent Fabre, Faivre, Faure, Lefèvre, ou encore Le Goff (forgeron en Breton). Parmi les autres métiers à succès, on notera le meunier, le fournier et le boulanger (autrefois pistre ou pestre), un trio indispensable dans chaque village.


Les surnoms ou sobriquets

On appelle sobriquet un surnom lié à une caractéristique physique ou morale, à une anecdote, ou à un comportement particulier. Ces surnoms sont très nombreux et souvent difficiles à expliquer, surtout lorsqu'il s'agit d'une anecdote.

 

On notera d'ailleurs que les Anglais continuent de dire "name" pour "prénom" et "surname" pour "nom de famille".

 

On peut penser que les surnoms existaient déjà dans la vie courante, ils se sont simplement peu à peu officialisés.

 

"Durand", (un des noms les plus portés en France) viendrait d'une caractéristique physique : "endurant, obstiné" ou encore "celui qui doit durer".

 

Même si beaucoup de ces surnoms ont un sens évident, tel que Legrand, Leblond ou encore Lejeune, beaucoup de ces sobriquets sont donnés par métaphore ou par métonymie.

Lorsque quelqu'un s'appelle "Leboeuf", on fait une métaphore si on le compare à un boeuf à cause de sa corpulence ou de sa force, par exemple. Si par contre ce surnom lui a été donné parce qu'il élève des boeufs, on parlera de métonymie. Bien entendu, la différence est le plus souvent impossible à faire aujourd'hui.


Les termes géographiques ou topographiques

 

 

Le principe était simple. Donner un surnom lié à l'origine, le lieu de naissance, la situation géographique dans le village, etc.

 

"Dupont" habite près du pont, "Deleglise" près de l'église, "Duchemin" est celui qui habitait une maison sur un chemin hors du village, "Langlais" ou "Lespagnol" étaient d'origine anglaise et espagnole, etc.

 

 

On retrouve aussi des noms de famille issus du nom d'une ville ou d'un village, ils étaient alors originaires de ce lieu mais n'y vivaient plus. Ils ont donc été surnommés comme tel par les habitants de leur localité : "Toulouse", "Paris", "Marseille" et bien d'autres.


La particule

Contrairement à une idée reçue, la particule ne peut en aucun cas être prise comme une marque de noblesse (pas plus d'ailleurs que son absence n'empêche d'être noble).

 

Les particules dites "nobiliaires"  n'ont jamais été mises seulement devant les noms de famille qui viennent des seigneuries. En effet, la particule atteste initialement l'origine (rappel d'une filiation, l'origine d'une famille dans le sens "fils de, fille de", ou une origine géographique) ou la propriété (génitif).

Conséquence : certains propriétaires ou roturiers peuvent donc posséder une particule sans pour autant être nobles.

 

Plus d'informations sur la particule ici.

Originalités des noms dans le monde

En Russie

En Russie, et comme dans la plupart des pays de l'ex URSS, le patronyme (entendons par là le prénom du père suivit du suffixe -ovitch ou -evitch pour les hommes et -ovna ou -evna pour les femmes) figure obligatoirement sur tous les documents d'identité. "Monsieur" et "Madame" n'étant pratiquement pas utilisés, il est d'usage, pour exprimer le respect, de s'adresser à une personne en employant sont prénom suivit de sont patronyme, et non son nom de famille.

Ainsi, pour s'adresser à Vladimir Poutine, on ne dira pas : "Monsieur Poutine" mais "Vladimir Vladimirovitch" (Vladimirovitch étant son patronyme)


Quelques exemples :

 

  • Fiodor Dostoïevski dont le père se nommaint Mikhaïl a pour nom complet : Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski.
  • Alexandre Pouchkine dont le père s'appelait Sergueï a pour nom complet : Alexandre Sergueïevitch Pouchkine.
  • Lénine (son vrai nom était Oulianov) dont le père s'appelait Ilia a pour nom complet : Vladimir Ilitch Oulianov (Lénine).
  • Marina Alekseïva dont le père se nommait Anatole a pour nom complet : Marine Anatolievna Alekseïva.
  • Nina Gorlanova (nom du père : Viktor) se nomme quant à elle : Nina Viktorovna Gorlanova.

Il est à noter que les noms famille peuvent également avoir étés créés à partir d'un patronyme. Nous pouvons avoir, par exemple, Ivan Ivanovitch Ivanov. Ivan étant le prénom, Ivanovitch le patronyme (fils d'Ivan) et Ivanov le nom de famille (formé dans le passé d'après un patronyme).

 

Particularité russe également, le nom de famille change en fonction du sexe de la personne qui le porte.

Les filles de Vladimir poutine se nomme Poutina et non Poutine (Maria et Katerina Poutina).

 

Le célèbre tennisman "Marat Mubinovitch Safin" ayant pour soeur cadette "Dinara Mubinovna safina" elle aussi célèbre joueuse de tennis.

Marat et Dinara respectivement fils et fille de Mubin Safin.


En Islande

Les islandais utilisent quant à eux un système ayant eu cour autrefois dans toute la Scandinavie.

 

Les noms diffèrent de la plupart des noms de famille occidentaux en étant patronymique (et quelques fois matronymique) dans le sens où le nom de l'enfant reflète le nom du père (ou de la mère) et non celui d'une lignée familiale.

 

Un exemple célèbre est celui de Leif Ericson, le fils de Éric Le Rouge.

 

Les islandais n'utilisent donc pas de noms de famille. Le nom d'une personne indique le prénom de son père (ou dans quelques cas celui de la mère).

Il change donc à chaque génération.

 

Un homme nommé Jon Einarsson a un fils prénommé Olafur. Le dernier nom de Olafur ne sera pas Einarsson comme son père mais Jonsson, indiquant littéralement qu'il est le fils (son) de Jon.

Le même usage s'applique aux filles. Ainsi, Sigriour, la fille de Jon n'aura pas Einarsson comme dernier nom mais Jonsdottir. Le nom signifiant littéralement fille (dottir) de Jon.


Les noms arabes

Les noms arabes classiques se décomposent en cinq parties, écrites traditionnellement dans l'ordre qui suit :

 

  • Le surnom ou kunya : abu, père de , suivi du (pré)nom arabe de l'enfant ainé, ou pseudonyme souvent omis dans les états civils officiels, correspond au nom d'usage.
  • Le nom ou ism : indispensable, correspond au prénom actuel.
  • Le nom honorifique ou laqab : correspond au surnom, devenu souvent dans l'époque moderne un nom de famille français, pas toujours présent mais généralement recommandé pour qualifier le (pré)nom.
  • La filiation patrilinéaire ou nasab : ben, fils de, suivi du (pré)nom arabe du père ; la filiation peut être répétée aux aïeux mais se limite souvent au seul père.
  • L'origine ou nisba : gentilé, souvent omis, souvent aussi la source des noms de famille.

 

Lien vers plus d'informations

Un peu d'humour

Aptonymes et contraptonymes

Pour finir cet article, une petite particularité comique des noms de famille : les aptonymes et contraptonymes.

 

 

 

Un aptonyme est un nom de famille possédant un sens lié à la personne qui le porte, le plus souvent en relation avec son métier ou ses occupations.

 

Et par opposition, un contraptonyme est l'inverse, soit un nom de famille dont le sens est opposé à la qualité de celui qui le porte.

 

Voici quelques exemple d'aptonymes :

 

  • Marc Dufumier, agronome
  • Joseph Marie Élisabeth Durocher, géologue
  • Mickaël Gelabale, joueur de basket-ball français
  • Robert Grossetête, philosophe
  • Gérald Cyprien Lacroix, archevêque catholique de Québec
  • David Mélé, joueur de rugby (demi de mêlée)
  • Marius Petipa, ddanseur, mâitre ballet et chorégraphe français populaire en Russie.

Retrouver d'autres aptonymes, parfois très drôles, ICI.

 

 

Et quelques contraptonymes :

 

  • Martin Petit, humoriste québecois mesurant près de 2 mètres.
  • Robert Bourelet, médecin nutritionniste
  • Roselyne Bargeot, psychiatre
  • René Gardien, attaquant au football club de Sochaux
  • Michel Noir, homme politique de race blanche
  • Tif et Tondu : héros d'une bande-dessinée de Fernand Dineur dans le journal de Spirou (à partir d'avril 1938). Tif n'a pas un poil sur le caillou et Tondu porte la barbe et une chevelure fournie.

N'hésitez pas à poster vos commentaires ainsi que vos aptomnymes et contraptonymes si vous en connaissez. Je ne manquerais pas de les rajouter

Par Coralie Baudet

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Commentaires : 1
  • #1

    VAULTGRI (samedi, 18 février 2017 19:59)

    Bonsoir..Sur une proche route, j'ai retenu un panneau rigolot ;
    «POTERIES Gérard POT»...mais je n'ai pas reçu autorisation de ce Potier pour éventuellement le noter dans votre listing des Aptonymes de France..MERCI pour votre site sympathique.